ROMAN HISTORIQUE

Thibaud sur les routes de l’an mille

À la mort de Charlemagne et après les partages successifs de l’empire, l’autorité centrale royale s’effondre. Au cours du IXe et du Xe siècle, la France affaiblie se morcelle peu à peu. Le pouvoir central finit par disparaitre plongeant la France dans la féodalité. Le plus petit des guerriers peut se transformer en conquérant. La Normandie, à elle seule, compte environ mille châteaux de bois construits sur motte, pour la plupart érigés dans l’illégalité. Dans le pays, où l’écriture a failli disparaitre, tout n’est que forêts profondes, friches et marécages. Tout est à prendre pour les plus audacieux qui se taillent la part du lion.
L’action de ce roman d’aventures, tous publics, se situe dans le contexte historique et social respecté de l’an 1000.

Rodrigue Ruiz Botella

L'auteur, Rodrigue Ruiz Botella est né en Espagne en 1955. Ancien antiquaire, il est passionné par l’histoire et, en particulier, par le Haut Moyen-Âge, période bien moins documentée que le Bas Moyen-Âge ou la Renaissance. Il enseigne en laboratoire dans une école technique supérieure dans le domaine de la construction (bâtiment travaux publics).

Thibaud sur les routes de l’an mille, Ed. L'Harmattan

Vous pouvez acheter ce roman, ou le commander, dans les librairies des Editions L’Harmattan, la Fnac, au Furet du nord, les espace culturel E.Leclerc, la Librairie Eyrolles, La Procure ou la libraire du Musée de Cluny à Paris.

Mais vous pouvez aussi, tout simplement, le commander chez le libraire le plus proche de chez vous en lui donnant le numéro ISBN (978-2-343-06212-9) du livre ou alors à partir de chez vous sur amazon.fr.

Existe en version numérique (Pdf texte), EAN Ebook : 9782336381992.

À la suite, quelques extraits de Thibaud sur les routes de l’an mille.

Extrait 1 :

" La porte brûlait depuis des heures. Il aurait fallu pouvoir s’aider d’un tronc ou d’une poutre bélier pour l’enfoncer, mais Thibaud ne voulait risquer la vie d’aucun de ses hommes. Il laissait donc le feu finir son œuvre. Le plus dur était fait, le château était pris. La patience serait bien plus payante. Une planche de la porte se détacha et, basculant lentement, elle finit par tomber lourdement vers l’intérieur. Il fallait maintenant enfumer les assiégés comme on enfume les taupes dans leurs galeries. Les hommes lancèrent des chiffons noués contenant du charbon de bois et des blocs de soufre. Plusieurs projectiles s’engouffrèrent par le trou de la porte et d’autres fioles d’huile furent lancées. Le soufre dégageait des filets de fumée jaune, suffocante et épaisse, à laquelle personne ne pourrait résister. Le père de Thibaud lui avait conté avoir déjà usé de ce stratagème pour déloger des hommes retranchés. D’autres sacs de soufre furent lancés, la fumée jaune envahit peu à peu tout le bâtiment. "

illustration vitrail

Extrait 2 :

" Thibaud guidait adroitement le Mérens qui se faufilait entre les buissons pour rejoindre l’étroit sentier qui les mènerait à la Souirgue. Le jeune cavalier, droit sur sa monture, jeta un regard vers le ciel limpide. Il sentait les odeurs et les parfums que la nature déploie au petit matin et dont, malgré toutes les routes empruntées et toutes les distances parcourues au cours de sa jeune vie, il ne pourrait jamais se lasser. Il se remémorait le joli visage de Jehanne, penchée sur son jeu de Marelle, qui voulait, avec ses adroites passes, gagner à tout prix. Comme si sa victoire au jeu pouvait être le signe d’un triomphe sur son irrépressible timidité. Passé quelques broussailles, et après avoir longé un petit champ aux longues tiges de seigle mûr, le sentier s’élargit pour devenir un véritable chemin enfin digne du domaine de Foulques. D’un léger coup de talon, il percuta les flancs du cheval qui délaissa le pas pour le trot. Après avoir parcouru une courte distance, et à la faveur de cette longue bande de terre qui s’étalait devant lui, déroulée comme un tapis, il changea encore d’allure, abandonnant les saccades du trot pour la régularité du galop. Thibaud s’appuya sur ses étriers, il se leva légèrement de la selle pour placer son poids vers l’avant, sur les épaules de sa monture, là où les chevaux peinent le moins à supporter une charge. À cet instant, le Mérens tourna légèrement la tête pour regarder de son œil noir, le cavalier penché en avant. Comme s’il avait compris la manœuvre, le cheval baissa la tête, s’étirant pour adopter la foulée du galop allongé. Thibaud, qui tenait les rênes de la main droite, lui prit délicatement la crinière de la main gauche, pour mieux sentir son animal, son compagnon, pour communier et ne faire qu’un avec lui. Les arbres et le ciel défilaient. Sous la robe noire, les muscles du Mérens déployaient toute leur puissance et leur furie, absorbant, dans un déroulé parfait, toute la dureté du sol pour le transformer en une piste souple et moelleuse. Thibaud parcourut ainsi près d’une demi-lieue, ralentissant progressivement pour permettre à sa monture de reprendre son souffle. Une fois revenu au pas, il tapota et caressa fièrement le cou de son fidèle complice qui soufflait bruyamment. Thibaud souriait. Il avait toujours aimé la nature, sa monture, Saint Florian et son épée… Mais maintenant, il fallait ajouter à sa liste, sur un tout autre registre et avec un degré d’intensité qui dépassait l’entendement, la belle et tendre Jehanne qui désormais emplissait tout son esprit et tout son être. Thibaud sourit encore... "